Un détail en haut d'une des portes de l'Hôtel de Ville de Paris a attiré mon attention un jour d'hiver de 2015 (oui j'ai beaucoup de retard pour vous raconter mes balades parisiennes).
Une date nous rappelle un événement qui s'est déroulé en ce lieu le 4 septembre 1870 :
En ce lieu le 4 septembre 1870 le peuple de Paris a proclamé la République
C'est au nom du peuple que Léon Gambetta proclame la République depuis l'Hôtel de ville de Paris accompagné de Jules Ferry, Jules Favre et d'autres députés.
En voici le texte : "Le peuple a devancé la Chambre qui hésitait. Pour sauver la patrie en danger, il a demandé la République : elle est proclamée, et cette révolution est faite au nom du droit et du salut public. Citoyens, veillez sur la cité qui vous est confiée ; demain, vous serez avec l'armée des vengeurs de la Patrie".
Mais avant cette déclaration, Napoléon part en guerre contre la Prusse. Mais c'est un échec ! Des émeutes suivront dans les mois qui suivirent qui amènera à la fin de l'empire et à la proclamation de la république.
Avez-vous déjà remarqué les détails de l'imposante fontaine qui trône au milieu de la place du Châtelet ?
Il s'agit de la fontaine du Palmier. Édifiée de 1806 à 1808, elle est le fruit des travaux de François-Jean Bralle, ingénieur hydraulique et Louis-Simon Boizot, sculpteur.
Au centre de cette fontaine, une colonne dit "palmier" a été réalisée à la gloire de la campagne d'Egypte. Elle est ornée des noms des victoires napoléoniennes et coiffée d'une victoire ailée en bronze dorée, debout sur un globe et tenant dans chaque main une couronne de lauriers. Le fût comporte également des tiges de palmier.
La fontaine fût transformée et surélevée par Davioud en 1858. De 18 mètres elle passe à 22 mètres. Il ajoutera une élévation composée de deux bassins. Les sphinx qui accompagnent cette fontaine sont une création de Henri-Alfred Jacquemart.
Lors de sa restauration de 1896 à 1901, la victoire fût transféré au musée Carnavalet (mon musée préféré 😊). A la place, il y a une copie !
Je vous propose de découvrir dans cet article une vidéo sur Severiano de Heredia. Il fut président du conseil municipal de Paris (Mairie de Paris de nos jours).
En tant que passionnée de Paris, je connaissais son histoire.
Mais vous ? Connaissez-vous Severiano de Heredia ?
Cubain naturalisé français Severiano de Heredia est né le 8 novembre 1836 à La Havane. C'est en 1845 qu'il arrive à Paris.
Il étudia au lycée Louis Le Grand, où il reçu en 1885 le grand prix d'honneur de l'établissement.
Son parcours politique :
avril 1873, il est élu au conseil de Paris pour le quartier des Ternes (XVIIe arrondissement) ;
1879-1880, il est élu président du conseil de Paris ;
1881-1889, il est élu député du XVIIe arrondissement de Paris ;
1887-1889, il est Ministre des travaux publics du gouvernement de Maurice Rouvier.
Il se consacra par la suite à la littérature.
Il décède le 9 février 1901 à Paris.
Depuis le mois d'octobre 2015, une rue porte son nom dans le quartier des Batignolles dans le XVIIe arrondissement de Paris.
Située sur l'île de la Cité dans le Ier arrondissement de Paris, non loin du métro Cité, la Sainte Chapelle a été construite entre 1242 et 1248 à la demande de Saint Louis. Elle fut consacrée solennellement en 1248.
Un très beau monument à voir ABSOLUMENT. La Sainte-Chapelle est classée aux Monuments Historiques depuis 1862 et fait partie du Patrimoine Mondial depuis 1991.
Pour y aller : 4, boulevard du Palais 75001 Paris - métro Cité
Baladons-nous dans le Xe arrondissement de Paris, du côté de la rue Saint-Martin. Là, se trouve la Porte Saint-Martin. Elle est située sur l'emplacement de l'enceinte de Charles V.
Cette porte a été construite en 1674 par l'architecte Pierre Buffet à la demande de Louis XIV qui souhaitait mettre à l'honneur ses victoires dans le Rhin et en Franche-Comté.
Classé au Monuments Historiques depuis 1862, cet arc de triomphe mesure 18 mètres de haut.
Voici une oeuvre qui a fait couler beaucoup d'encre : " Les colonnes de Buren ".
Colonnes de marbres, elles sont également appelées Les Deux Plateaux. Il s'agit d'une réalisation de Daniel Buren (1938) artiste peintre et sculpteur en collaboration avec Patrick Bouchain (1945) architecte et scénographe.
Les Deux Plateaux sont situés dans la cour d'honneur du Palais Royal dans le Ier arrondissement de Paris, à proximité de la Comédie Française et du Ministère de la Culture.
La construction des "colonnes de Buren" a démarré en 1986 et il y aura des polémiques concernant l'oeuvre.
Le jardin du Palais-Royal est classé aux Monuments Historiques depuis 1920, ainsi que l'ensemble du domaine dont l'oeuvre de Les Deux Plateaux depuis 1994.
Les Deux Plateaux en chiffres : 3 000m², 260 colonnes de 8,7 cm, 3 hauteurs différentes.
Le 30 juillet 1986 Les Deux Plateaux sont présentés au public.
Le 8 janvier 2010, Frédéric Mitterrand inaugure l'oeuvre de Daniel Buren.
J'ai beaucoup de retard sur le blog (sorry) ! En septembre dernier, mes amis exposaient dans la galerie " La Ville A des Arts " dans le XVIIIe arrondissement de Paris. C'est à cette occasion que j'ai découvert ce lieu chargé d'histoire artistique et que j'ai pu visiter comme nous étions le week-end des journées du Patrimoine 2016.
Lors dans ma visite, j'ai pu admirer le magnifique escalier qui trône dans une des entrées. Il est fait de volées, de ferronneries d'exception et tout au tour de splendides vitraux l'accompagne. Il y a même la marque de Gustave Eiffel dans les armatures du bâtiment.
Nous sommes au pied de la butte de Montmartre, à proximité du cimetière de Montmartre, sur l'emplacement d'ancienne carrière de gypse à ciel ouvert. La Villa des Arts a été construit vers 1888. Propriété de la famille Guéret, elle gardera l'ensemble immobilier jusqu'au septembre 2005. Le tout sera convoité par des promoteurs immobiliers qui voyaient en ce lieu une opportunité pour transforment les ateliers en logement haut de gamme et les revendre à la découpe.
Pour sauver le lieu, les locataires créeront une amicale et cela sera gagnant pour la Villa des Arts. Début 2007 c'est la Mairie de Paris qui l'acquière.
Entre-temps, la Villa des Arts sera inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques par l'arrêté du 2 mai 1994, pour empêcher sa disparition, préserver son unité et sa mémoire.
De nos jours de nombreux artistes occupent l'un des ateliers. Ils sont peintres, photographes, sculptures, comédiens, cinéastes, musiciens écrivains, poètes, ...
Lors des journées du Patrimoine, le peintre Didier Lambert nous a gentiment ouvert son atelier atypique et je l'en remercie.
Située le XIIe arrondissement de Paris quand je vais à la gare de Lyon depuis la place Louis Armand face à la rue de Lyon, je ne vois que sa tour qui domine le ciel du haut de ses 67 mètres.
Reconstruite pour l'exposition universelle de 1900 à Paris, la tour de l'horloge de Paul Garnier a de chaque côté une horloge de 6,40 mètres de diamètre.
Les grandes aiguilles de 4 mètres pèsent 38 kg et les petites aiguilles mesurent 2,80 mètres pour 26 kg.
Historiquement, l'embarcadère de Lyon ouvre en 1849 et a été conçu par l'architecte François-Alexis Cendrier (1803-1893).
Mais avant de devenir la gare parisienne comme nous la connaissons de nos jours, il faut revenir en 1855.
Selon les plans de François-Alexis Cendrier, la gare fut construite et surélevée de 6 à 8 mètres pour protéger la gare des crues de la Seine située non loin.
La gare fut partiellement détruite en 1871 suite à un incendie pendant la commune de Paris et reconstruite à l'identique.
En 1900 la gare est de nouveau reconstruite à partir des plans de l'architecte Marius Toudoire (1852-1922) pour l'exposition universelle.
La gare sera inaugurée le 6 avril 1901.
Je vous conseille d'entrer à l'intérieur de la gare, dans le hall 1, pour admirer la magnifique façade et l'escalier majestueux du buffet de la gare de Lyon, plus connu depuis 1963 sous le nom "le train bleu", et pourquoi pas y aller !
Je n'ai pas eu l'occasion d'y déjeuner, mais il faudra que je me programme cela car j'ai envie de voir l'intérieur qui est si sublime que c'est à couper le souffle !
Le restaurant est classé aux monuments historiques depuis 1972. En 1984, la gare sera inscrite aux monuments historiques.
Passionnée d'architecture j'aime aller au Pavillon de l'Arsenal car en plus de leur exposition permanente sur Paris, il propose des expositions temporaires et des conférences sur l'architecture et l'urbanisme.
Le Pavillon de l'Arsenal est situé au 21 boulevard Morland dans le IVe arrondissement de Paris. Association de loi 1901, elle a été fondée par Ann-José Arlot en 1988.
Ouvert depuis décembre 1988, le pavillon de l'Arsenal est un centre d'information de documentation et d'exposition d'urbanisme et d'architecture de Paris et de la métropole parisienne.
Cet espace au rez-de-chaussée, vous avez l'exposition permanente. Nous pouvons découvrir l'histoire urbaine de Paris, et également sur le développement urbain de la région.
J'ai partagé de nombreuses fois avec vous les travaux d'Hector Guimard, architecte talentueux du XIXe siècle. Mi-septembre, je vous avais parlé de l'édicule de la station de métro " Porte Dauphine ". Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler dans cet article de ses œuvres architecturales qui sont construites dans le XVIe arrondissement de Paris.
Commençons par ma construction préférée : le Castel Béranger. Il avait son cabinet de travail au rez-de-chaussée de cet immeuble qui a été construit de 1895 à 1898 dans la rue Jean de la Fontaine. Le Castel Béranger se compose de 3 bâtiments de logements. Sur cet ensemble, on repère nettement son style car les formes faisant les balcons et autres ornements nous renvoie au style que nous retrouverons plus tard sur son projet pour le métropolitain parisien.
Avec cette construction, Hector Guimard obtiendra le 1er prix du concours de façades de la ville de Paris.
Continuons notre balade dans la rue Jean de la Fontaine, vers le début de la rue Agar. On peut observer plusieurs groupes d'immeubles du même style de la rue Jean de la Fontaine et dans la rue Agar. Il y a précisément 7 immeubles construits en 1910 et 1912.
Lorsque l'on quitte la rue Agar en direction du terre-plein où se trouve le marché, on peut apercevoir sur la façade le profil d'une femme. Indiquée en typographie du style Guimard, cette représentation nous donne une indication sur le nom de la rue : Agar.
Agar de son nom Marie-Léonide Charin (1836-1891) était une actrice, cette représentation lui rend hommage :
" A la tragédienne Agar qui habita Auteuil et Passy de 1870 à 1880 "
Les façades et les toitures de cet ensemble d'immeubles sont inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques depuis le 15 janvier 1975.
Un peu plus loin dans la rue Jean de la Fontaine, se trouve l'hôtel Mezzara construit en 1910 - 1911 et également inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques en septembre 1994. Son nom lui vient de son propriétaire Paul Mezzara.
En allant en direction de la Seine, prenant l'avenue de Versailles, vous découvrir un immeuble d'Hector Guimard.
Continuons pour arriver au boulevard Exelmans. Là, vous pourrez voir le bâtiment appelé " l'atelier de Carpeaux " dont Hector Guimard le rehaussera en 1895 en rajoutant un 2e étage ainsi que les 2 statuettes de Carpeaux sur la façade. Avant lui, en 1888 Lewicki interviendra et par la suite en 1914 Harant (selon le panneau devant l'atelier). En consultant des articles, j'ai pu apprendre que Jean-Baptiste Carpeaux est décédé 20 ans ... avant la construction, qui était une commande de sa veuve.
Je terminerai cette balade dans la rue Mozart avec cet hôtel particulier construit en 1909 et où vécut Hector Guimard de 1913 à 1930 et appelé Hôtel Guimard. Il est classé aux Monuments Historiques depuis 1997.
Sources :
Guimard l'art nouveau du métro de Frédéric Descouturelle, André Mignard et Michel Rodriguez - La vie du rail
Installé en 1900, entre la place des Généraux-du-Trentinian et l'avenue Foch dans le XVIe arrondissement de Paris, cet édicule pour accès à la station de métro " Porte Dauphine " est parmi un des derniers sur pied depuis sa réalisation par Hector Guimard pour la CMP.
Pour simplifier un édicule est une entrée de métro.
L'édicule " Porte Dauphine" est nommé édicule B car il y avait également un édicule A. Vous pouvez reconnaître les modèles à la forme de leurs fonds.
L'édicule A a un fond carré, celui que je vous présente sur les photos, l'édicule B a le fond arrondi.
S'il y a bien une entrée de station de métro que je trouve magnifique parmi toutes celles qui existent à Paris, ce sont celles avec ce type d'édicule.
Avec les photos que j'ai prises - je l'avoue en 2012 - vous pouvez admirer le style Guimard, le style Art Nouveau que l'on reconnaît au premier regard. Les parois de la face interne sont en lave émaillée.
Création de la ligne 2 - Porte Dauphine direction Nation
La 2e ligne du métro parisien a été ouverte le 13 juillet 1900 à l'époque elle permettait de rejoindre la station Etoile (Charles de Gaulle Etoile de nos jours). C'est qu'en 1903 que la ligne ira jusqu'à la station Nation dans le XIIe arrondissement. Elle portera le nom de ligne 2 qu'en 1907.
Avec un arrêté de protection par le Ministre des affaires culturelles, l'entrée du métro est classée à l'inventaire des monuments historiques le 27 juillet 1965.
Sources :
Guimard l'art nouveau du métro de Frédéric Descouturelle, André Mignard et Michel Rodriguez - La vie du rail
La présentation de la suite du travail de l'artiste plasticien Christophe Horlain " Passé du temps qui passe " arrive à grands pas, avec l'UPCYCLING BERLIN Projekt.
Pour ce passage de relais artistique Christophe Horlain collabore avec la pochoiriste Céline Lebovitch. Il lui a transmis culturellement, la matière d'affiches issue de son oeuvre détruite par les danseurs-performeurs Luc Reboullet et Nawel Oulad lors d'une performance in situ intitulée " Mémoire Deconstructive ". Celle-ci a eu lieu au Mémorial du mur de Berlin - Gedenkstätte Berliner Mauer en juillet 2014.
Par cette action, Céline Lebovitch permet à l'oeuvre une translation dans le temps. L'artiste travaille désormais sur le " Futur du temps qui est passé ", elle revient à l'origine de la matière, lui redonnant son aspect d'affiche.
Céline Lebovitch procède à l'UPCYCLING de cette matière, lui redonnant de la valeur artistique, laissant la poussière de la mémoire retomber dans le cadre et transmettant par là un nouveau message.
Christophe Horlain*
Né en 1973 à REIMS, il vit et travaille à Paris.
Il a étudié l'histoire de l'art architectural auprès de guides conférenciers.
Fréquentant des étudiants des beaux arts, il a eu la chance de les accompagner dans leurs travaux et recherches, ce qui lui a permit d'avoir un regard sur l'art contemporain.
Sa plus grande fascination reste les vitraux. La lumière de ceux-ci, leurs couleurs vives ou ternes ont inspiré Christophe Horlain dans sa façon de développer son art, le vitrail est le seul art ou la lumière est dans l’œuvre.
A partir de son activité d’éducateur spécialisé et d’animateur plasticien, il a développé sa création autour de la notion de territoires, la cité et son architecture. Le travail de Christophe Horlain autour de la couleur donne vie à ses œuvres sans recherche figurative. Son regard porté sur l’évolution de la société, s’interroge sur le plan moral et psychologique, s’imposant dans le développement de ses installations.
Dernièrement ses interrogations sur les notions de temps et de mémoire liées au passé à donné naissance à sa création in situ à Berlin de l’œuvre " Passé du temps qui passe ".
Chirstophe Horlain est le cofondateur de l'association DiverZarts en 2013, il est en charge du développement artistique.
Céline Lebovitch*
Née en 1973 en Seine-Saint-Denis.
Elle a toujours été attirée par l'art, la musique, le théâtre, et le dessin. Artiste autodidacte, Céline Lebovitch est pochoiriste et utilise principalement la bombe. Mais le temps et les rencontres l'amènent à travailler différemment.
Elle aime expérimenter sur tous les supports, rien ne l'arrête du moment qu'elle se sente libre de penser et de s'exprimer, elle ne refuse qu'une chose : devenir insensible.
La rue est également un bon moyen d'exposer, Céline Lebovitch aime la rue car elle aime les gens, l'échange et le partage.
L'art lui permet d'extérioriser ses révoltes, ses coups de gueules ! (Elle en a des tonnes alors elle n'a en a pas fini de peindre). Son travail c'est elle !!! Du vif, de l'impulsif, des couleurs, du sombre parfois, de l'écorché souvent, des plaies, une atmosphère; enfin tout plein de choses en constantes réaction, un univers : PUNK'S NOT DEAD.
La présentation d'UPCYCLING BERLIN Projekt commence le 13 septembre prochain à la Ville A des Arts. Nous vous attendons dès 14 heures pour découvrir cette collaboration entre l'art contemporain et l'art urbain :
UPCYCLING BERLIN PROJEKT
Porte des Allemands
du 5 au 29 janvier 2017
mardi à dimanche de 14 heures à 17 heures
entrée libre
Boulevard André Maginot
57000 METZ
*******
Précédente présentation :
Galerie La Ville A des Arts
du 13 au 18 septembre 2016
de 14 heures à 19 heures
Vernissage 13 septembre 2016 de 18 heures à 21 heures
Finissage 17 septembre de 14 heures à 20 heures
15, rue Hégésippe Moreau
75018 Paris
Contacts DiverZarts
Pascal Hun - Responsable administratif
diverzarts@free.fr
06.80.27.33.31
Elisabeth Porpé - Chargée de communication
Presse et Réseaux sociaux
zaromchaelisabeth@gmail.com
06.15.96.19.26
La rentrée du blog a démarrée avec des articles vous présentantChristophe Horlain et l'association DiverZarts.Mais bien avant, je vous avais proposé un article sur Céline Lebovitch (Miss Fuck), que j'ai relayé pendant les vacances sur les réseaux sociaux. Pour cette nouvelle session artistique, elle s'associe au projet de Christophe Horlain " Passé du temps qui passe " " Vergangenheit der Zeit, die vergeht" que je souhaite vous présenter en partenariat avec DiverZarts.
A l'origine de ce projet, le plasticien Christophe Horlain comme l’avait fait dès l’année 1949 l’artiste Jacques Villeglé, figure majeure des nouveaux réalistes s’attaque à l’affiche urbaine pour en extraire la matière.
Jacques Villeglé utilisait la lacération pour créer ses œuvres, Christophe Horlain utilise la découpe pour reconstituer trois formats d’affiches existantes, qu’il recompose en sculptures habillées de tirages photos de Berlin Est / Ouest de 1987 de Thomas Jung, évoquant les strates de la mémoire. Ce dispositif a été mis en situation dans six différents lieux de Berlin et photographié. La dernière mise en situation a fait l’objet d’une performance filmée de la destruction de deux de ces sculptures.
Il construit au travers d’un regard croisé avec la photo, la vidéo, le son et la performance d’art vivant, une œuvre globale intitulée " Passé du temps qui passe ".
Cette œuvre, produite dans le cadre d’un projet intitulé " BERLIN Projekt " initié par l’association DiverZarts durant 3 semaines à Berlin (juin-juillet 2014) et réunissant différents intervenants (Artiste, vidéaste, danseurs, web designer, blogger et logisticiens) a été présentée à Villejuif et Paris respectivement en septembre et novembre 2014.
A partir de la performance finale du projet intitulée " Mémoire Déconstructive " qui à eu lieu à Berlin le 13 juillet 2014 (arrachage, décollage, matière rejetée comme un déchet par deux danseurs (Luc Reboullet et Nawel Oulad) lors d’une performance improvisée autour de la libération de la mémoire au Mémorial du mur de Berlin - Gedenkstätte Berliner Mauer) l’artiste plasticien Christophe Horlain, culturellement, transmet à l’artiste pochoiriste Céline Lebovitch cette matière provenant de la destruction de ses sculptures évoquant la mémoire et le temps.
Arrachage et recollage d'affiches dans Berlin
Découpe en atelier des affiches arrachées
Les deux danseurs (Nawel Oulad et Luc Reboullet) lors de la performance improvisée autour de la libération de la mémoire au mémorial du mur de Berlin Extrait de la vidéo "Mémoire Déconstructive"
Les deux danseurs (Luc Reboullet et Nawel Oulad)
lors de la performance improvisée autour de la libération de la mémoire au mémorial du mur de Berlin Extrait de la vidéo "Mémoire Déconstructive"
Par cette transmission de la matière, il transmet également cette notion de Temps et de Mémoire qui imprègne son œuvre " Passé du temps qui passe ". Il donne une continuité dans le futur à cette matière par l’intervention de l’artiste Céline Lebovitch et par là même une continuité de l’œuvre.
Celine Lebovitch (Miss Fuck) est une artiste pochoiriste sensible à l'actualité, mettant un point d'honneur dans son travail à conjuguer la pertinence des sujets traités et une forme d'esthétisme déstructurée. En effet, dans ses œuvres sur toile et papier, elle superpose, interpose, et transpose la matière pour en ressortir l'essence. C'est dans ce sens que la phase de destruction de l'œuvre de Christophe Horlain l'a particulièrement touchée.
Dans la continuité de son œuvre elle va à son tour, déstructurer, pocher, déchirer, coller, reconstituer, recomposer, pour donner par son processus artistique et sa propre empreinte visuelle et graphique, une nouvelle vie à ces affiches ... comme si ses œuvres sortaient d’un mur.
Cette phase de destruction rallie ces deux artistes et rend leur collaboration évidente.
Par ses actions, elle va permettre à l’œuvre une translation dans le temps. L’artiste Céline Lebovitch travaille désormais sur le " Futur du temps qui est passé ", elle revient à l’origine de la matière, lui redonnant son aspect d’affiche. Elle procède à l'UPCYCLING de cette matière lui redonnant de la valeur artistique, laissant la poussière de la mémoire retomber dans le cadre et transmettant par là un nouveau message sur le temps.
C’est la revalorisation de la matière des affiches
issues du premier projet BERLIN PROJEKT qui donne naissance à l’intitulé de UPCYCLING BERLIN PROJEKT.